23.1.09
21.1.09
A 78 pas de Time Square
Time Square: too much !
Au premier abord: impressionnant, forcément. Et puis on s'aperçoit vite qu'entre les photos dans les magazines ou le scènes de films, on connait déjà l'endroit. A quelques minutes du début des spectacles de Music Hall, des racoleurs/racoleuses, pas vraiment passifs, tentent de vendre les dernières places à moitié prix. Après 10 minutes, les écrans publicitaires à gogo filent le tournis et après plus de 20 minutes on a presque envie de vomir. Vite un concombre bio, un week-end à Center Park, un extrait de microcosmos, n'importe quoi pourvu que ce soit frais, vrai, ou que cela ai un lien quelconque avec la nature! Au coin d'une rue un écran géant vend les mérites d'une crème de soins pour la peau à base de composnt "organic". Un regard à la mixture verte comme une bouffée d'oxygène, juste assez pour avoir le temps de prendre la première perpendiculaire et foutre le camps de là, illico.
Washington parle, Harlem vibre
Hier matin, les yeux du monde étaient rivés vers Washington. Ceux des habitants de Harlem, le quartier noir de New York, pleuraient de joie pour leur nouveau président.
Un grand soleil, il fait 29°... Fahrenheit, soit - 1°C. Mais les New-Yorkais sont plus de 2 000 à s'être réunis sur cette petite place à Harlem. L'endroit est symbolique : à côté de l'écran géant qui retransmet la cérémonie d'investiture à Washington, se dresse la statue d'Adam Clayton Powell Jr, le premier Afro-Américain à devenir un membre influent du Congrès. Un autre exemple pour la communauté afro-américaine, majoritaire dans ce quartier de la Grosse Pomme. À quelques rues d'ici, l'avenue Martin Luther King, dont le peuple américain célébrait la mémoire lundi.
Les personnes les plus proches de l'écran sont arrivées vers 7 h 30 du matin... Ils attendent donc depuis plus de trois heures. Pour Lisa, qui vit à quelques blocs de là, c'était une évidence de passer la journée dans son quartier. Ses deux enfants, Malik (12 ans) et Nadiyah (9 ans), sont là aussi. Et l'école ? « Oh, c'est bien plus important de fêter ce jour historique avec les siens », assure la mère. « Et puis, de toute façon, à l'école, ils regardent tous la cérémonie à la télé, alors je ne rate rien ! » s'amuse Malik en soufflant sur ses doigts. Il ne les sent même plus à cause du froid. Il est interrompu par une clameur à l'unisson : sur l'écran, Michelle et Barack Obama font leur entrée dans l'église Saint-John à Washington, et Harlem hurle sa joie.
Un bébé Obama
Plus à l'écart, Tania caresse le bout du nez de son fils, Elai, 6 mois. Elle est professeur de droit international dans la prestigieuse université de Columbia mais vit à Harlem depuis plusieurs années. Son bébé porte un petit badge « Obama ». « Il a de la chance, assure-t-elle, il n'aura connu l'administration Bush que six mois à peine. » Tous les deux étaient là aussi le soir du 4 novembre pour fêter l'élection de ce nouveau président. « Elai est petit mais j'ai pris beaucoup de photos pour qu'il se souvienne de ces moments. J'espère un jour lui dire : "Tu sais, c'était un jour historique, ce président était noir !" Et qu'il me réponde : "Non maman, c'est juste normal..." » La foule aussi est en majorité noire ici mais Harlem est devenu un quartier affectionné par les jeunes Blancs, les Asiatiques et les Latinos. Chacun ici assure être fier de la couleur de peau du nouveau président.
12 h 10 : Obama prête serment, la foule scande son nom, agite drapeaux et crécelles, prend des photos avec tout ce qui peut prendre des photos : appareils numériques, téléphones portables ou antiques Polaroïd.
Pourquoi avoir choisi de passer ce moment ici ? C'est Shade, une mère du quartier, qui le dit le mieux : « Parce que malgré ce qui se passe à Washington, c'est à Harlem que vous aurez le plus d'émotions. » Lire également notre reportage au Gospel Café, à Lille, en dernière page.
ZdB, TD. A lire dans Nord Eclair aujourd'hui. (21/01/09).
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